Plus neutre, Ammien Marcellin évoque son « naturel impulsif » et sa tendance « à parler fort abondamment et se taire très rarement »[A 8]. Il épouse à cette époque Hélène, la plus jeune sœur de l'empereur, dite « la jeune » par opposition à sa grand-mère l'impératrice. Julien apprécie l’île de la Cité et y passe les hivers suivants. Ursicin, également rappelé en 357, est remplacé par Sévère, un officier expérimenté qui collabore efficacement avec Julien. Cette cité est plus modeste que Sens ou Reims. Inversement, les auteurs chrétiens l'ont présenté comme un imbécile frénétique (Grégoire de Nazianze, qui l'avait connu étudiant à Athènes), un monstre (les historiens ecclésiastiques lui attribuent diverses profanations et des sacrifices humains), un apostat pervers (toutes les mesures qu'il a prises, y compris son édit de tolérance visaient selon eux à lutter hypocritement contre le christianisme). Julien s'installe à Sens, gardée par une faible garnison. Ce n'est cependant qu'une partie de sa politique, dont le reste ne dépend pas nécessairement. Cette page a vocation à recenser tous les écrivains grecs antiques dont le nom ou les écrits nous sont parvenus. Pendant ce temps la pression des Alamans se maintient et menace Autun. L'historien païen Ammien Marcellin rapporte quant à lui une version plus sobre, plus crédible puisqu'il fait partie de l'expédition de l'empereur. De plus, Julien fait surveiller les employés du fisc afin d'empêcher tout détournement, et n'accorde aucune remise d'arriérés, pratique qui avantageait les gros contribuables[A 17]. Toujours durant cette période de relégation, son demi-frère Gallus[réf. Julien est un des principaux auteurs grecs du IVe siècle. — Histoire partiale histoire vraie, tome I Des origines à Jeanne d'Arc, neuvième édition, Gabriel Beauchesne & Cie Éditeurs, Paris 1911, p. 146. Fin 355 Julien est soudainement rappelé à la cour. On frappe des monnaies d'or et de bronze. Qu'on ne vienne pas m'objecter que certains de ces voyageurs se sont égarés et qu'arrivés quelque part ailleurs, appâtés par Circé ou par les Lotophages, c'est-à-dire par le plaisir, par l'opinion ou par autre chose, ils ont négligé de poursuivre leur route et d'atteindre leur but. En cinq années, l'imposition en Gaule passe de 27 solidi à seulement 7. Il y aurait suivi indirectement l'enseignement du sophiste Libanios. • Un des premiers historiens de Rome est Fabius Pictor, auteur à l'extrême fin du iii e siècle av. Flavius Claudius Julianus (331 ou 332-26 juin 363), Julien II, nommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne, également appelé Julien le Philosophe, est nommé César en Gaule de 355 à 361 par Constance II, puis proclamé empereur romain à part entière de 361 à 363. Pour maintenir une présence impériale en Orient face aux Perses tandis que lui-même se rend en Occident, Constance II, attaché comme son père au principe dynastique (tous ses frères ayant été tués), promeut en 351 Gallus au rang de César à Antioche. nécessaire] et Julien auraient été contraints de se faire baptiser[2], contrairement à la pratique de l'époque destinant le baptême aux personnes adultes et volontaires, voire aux mourants souhaitant se purifier juste avant leur trépas. L'histoire romaine est à mettre en parallèle avec l'histoire grecque. La déesse même, plus que quiconque, sait que je lui ai demandé de me faire mourir à Athènes plutôt que de me laisser faire ce voyage. ACOUSILAOS. Ainsi il ne semble pas avoir marqué de préférence religieuse dans le recrutement du personnel dans l'administration : il s'entoure, de fait, comme ses prédécesseurs immédiats, de fonctionnaires de toutes confessions. Il écrit ainsi, en préambule à son chapitre XXIII, consacré à la religion de Julien : « Le qualificatif d'Apostat a fait injure à la réputation de Julien ; et l'enthousiasme avec lequel on a masqué ses vertus a exagéré la réalité et l'étendue apparente de ses fautes. On peut distinguer parmi ses œuvres, outre le Contre les Galiléens : Dans sa lettre au philosophe Thémistios, il écrit : « Que personne ne me vienne diviser la philosophie en plusieurs parties, ou la découper en plusieurs morceaux, ou plutôt en créer plusieurs à partir d'une seule ! Il écrit, sur l'ultime combat de Julien : « Au moment où Julien, oublieux de toute précaution, se précipitait témérairement au combat en levant les bras, et à grands cris, pour bien faire entendre que c'était la débâcle et la panique chez l'ennemi, et pour exciter ainsi la fureur des poursuivants, ses gardes blancs dispersés par l'effroi lui criaient de tous côtés d'éviter la masse des fuyards comme on fait pour l'écroulement incertain d'un toit qui menace ruine ; mais soudain, une lance de cavalerie (equestris hasta) égratigna la peau de son bras, lui transperça les côtes, et se ficha dans le lobe inférieur du foie. Hissé à cette responsabilité sans aucune préparation, et de tempérament coléreux, Gallus réagit avec brutalité face aux difficultés et aux oppositions. La bataille d'Argentoratum (Strasbourg) voit s'opposer les deux armées gallo-romaines à un rassemblement de plus de 35 000 Alamans. Il fut très équitable à l'égard des provinces, et diminua autant qu'il le put les impôts dont elles étaient chargées ; se montra affable à tous, et eut peu de soin d'enrichir l'épargne. Très au courant des rouages de l'administration impériale, bien renseigné sur les Antonins et leur politique, ayant accès aux archives impériales, Appien, lorsqu'il prend sa retraite, écrit en grec une Histoire romaine en vingt-quatre livres, dont quatorze ont été perdus. Il manque toutefois d'y laisser la vie : lors d'un hiver exceptionnellement glacial avec la Seine gelée, il consent à la présence d'un brasero dans sa chambre, malgré son désir de s'endurcir, et subit un début d'asphyxie[A 13]. Retrouvez Histoire romaine et des millions de livres en stock sur Amazon.fr. Même s'il trouve les mythes des Juifs absurdes et incomplets, il admire la piété du peuple élu qui contraste avec le peu de ferveur des sujets païens de l'Empire[8]. Il est notamment l'auteur de l'Histoire romaine, une œuvre en 80 livres (en partie fragmentaire aujourd'hui) retraçant l'histoire de Rome de sa fondation aux années 220 ap. Chronologie sommaire de quelques auteurs de l'antiquité latine et grecque qui ont produit des œuvres ayant un rapport avec la mythologie classique. 5-118). Car partout elle m'a guidé, et de tous côtés elle m'a entouré d'anges gardiens que le Soleil et la Lune lui avaient accordés », — Lettre aux Athéniens, 274d-275b, 276c-277a. Le mythe de Jupiter et Io. 6 lettres. Devoir Maison d’Histoire : Auteurs grecs : Aristophane : est un poète comique grec du Ve siècle av. La mère de Julien est la très jeune Basilina, qui décède quelques mois après l'avoir mis au monde[A 1]. J'ai versé des torrents de larmes, j'ai poussé des gémissements. Mais l'importance de la cité des Parisiens n'est plus négligeable depuis l'amoindrissement, la dégradation ou la disparition des centres urbains au IIIe siècle. Il y a cent ans que quiconque ne l'eût pas traité d’apostat eût été traité d'athée. Ces considérations emportent le choix de Julien après la mésaventure de Sens. L'éducation de Julien est confiée à l'évêque arien Eusèbe de Nicomédie, qu'il suit peut-être à Constantinople quand celui-ci s'empare du siège épiscopal de la capitale, à moins qu'il ne soit resté relégué à Nicomédie. Il a pour pédagogue l'eunuque Mardonios, Goth d'origine, qui avait déjà élevé Basilina. 6 lettres. Il dépasse en audace, selon les louanges de ses contemporains, l'illustre César, le vaillant Marcus Junius Brutus ou l'intrépide Germanicus. Il était très éloquent, et avait une mémoire des plus heureuses et des plus fidèles; il tenait un peu trop du philosophe en bien des choses ; il fut très libéral envers ses amis, mais il n'eut pas dans certaines rencontres toute l'attention que devait avoir un grand prince. Julien veut profiter de sa victoire pour restaurer les anciennes frontières. des lettres à des amis ou à des personnages de son temps. Impressionnés par la contre-offensive de l'armée romaine face à leurs ennemis alamans, des délégations de Francs rhénans des environs de Cologne demandent à traiter avec le César victorieux. » (Vicisti, Galilæe), reconnaissant ainsi la victoire inéluctable d'un christianisme encore non majoritaire dans l'Empire et qu'il a voulu combattre. Convaincu par l'assurance d'Euthère, Constance renvoie Marcellus dans sa ville natale[A 12]. À sa grande gêne les eunuques du palais lui rasent la barbe, qu'il avait adoptée à la mode des philosophes, et le vêtent d'une chlamyde, lui donnant, selon ses propres termes, « l'aspect d'un soldat ridicule[A 9] ». sont mentionnés sous son règne par la tradition chrétienne. Parallèlement il tente de réformer le paganisme sur le modèle des institutions chrétiennes (moralité des prêtres, création d'institutions charitables) et institue une hiérarchie des cultes autour du dieu Soleil. Or, la déesse n'a pas trahi ni abandonné son suppliant ; elle l'a montré par des faits. Constance II aurait ainsi ordonné le meurtre des proches parents de Julien. Sappho (630-580 avant J.C.) Adepte de la philosophie néoplatonicienne, Julien a néanmoins toujours tenu à préciser qu'il n'était pas parvenu au stade de philosophe à part entière et qu'il n'était dans ce domaine qu'un étudiant. De son lit de mort, l'empereur, désireux de faire survivre la dynastie constantinienne, se résout à confier la pourpre impériale au seul descendant de Constance Chlore encore en vie, son cousin Julien. Durant un jugement portant sur une accusation de dilapidation des fonds publics formulée contre l'ancien gouverneur de la Gaule narbonnaise, l'accusateur à court de preuves, finit par s'écrier « s'il suffit de nier, où seront désormais les coupables ? Quelques-uns même prirent de là occasion de donner atteinte à sa gloire. La campagne de 357 entraîne l'armée commandée par Julien à retrouver Saverne au printemps. S'il voyageait par terre, il pouvait se servir, à mon avis, des larges voies publiques, des sentiers ou des raccourcis. ». Sa passion pour la gloire l'emporta souvent à de grands excès ; grand persécuteur des Chrétiens, il ne répandait pas néanmoins leur sang, à l'exemple de Marc-Antonin, qu’il s’efforçait de copier en tout », — Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, livre X, XIV, [1]. ), Jean Bouffartigue, notice « Iulianus (Julien) l'Empereur », dans. Bien qu'il ait été élevé dans cette religion, il ne les nomme pas « chrétiens », pas plus qu'il ne parle de « christianisme », mais « galiléens », tenants d'une religion nouvelle et sans racines[8]. Malgré cela, les rentrées fiscales augmentent : les contribuables se sont en effet empressés d'acquitter leur dû de peur qu'il n'augmente. Après les guerres civiles entre cités de la fin du IIIe siècle, entraînant des troubles sociaux dans les campagnes sous forme de bagaudes dissidentes, la situation est aggravée par des incursions de bandes guerrières issues des confédérations franques ou alamanes ; les Gaules subissent une désorganisation et un appauvrissement, qui empirent avec les guerres et les épidémies au début du siècle suivant. Appien. Certains de ses vers sont conservés par Denys d'Halicarnasse (I, 49, 72). En cette même année 351, Julien est initié aux mystères de Mithra[4]. Vainqueur sous les murs de Ctésiphon d'un combat contre les défenseurs de la ville, abandonné par le roi d'Arménie qui devait faire sa jonction avec lui, Julien est contraint d'entamer une retraite précipitée, au cours de laquelle, peu avant le 26 juin 363, il est mortellement blessé. Bien sûr César, Homère ou Aristote sont des noms que nous connaissons tous, mais Arrien, Sapho, Vitruve, Quintilen sont d'une aura déjà plus limité. Par exemple * François Zosso et Christian Zingg. En dépit d'appels de Julien à la conciliation, il décide de marcher contre celui qui n'est encore qu'un usurpateur. Des courtisans insinuent une connivence possible entre lui et Gallus. Sa critique s'exerce par comparaison avec le judaïsme vis-à-vis duquel son attitude reprend les deux traditions de pensée qui se croisent alors, l'une hostile et l'autre plus tolérante. L'armée surprise par des assaillants continue sa marche, mais ses flancs sont menacés et ses arrière-gardes sont massacrées. Celui-ci n'est plus novice : il obtient pleinement le commandement, prend l'initiative d'offensives au-delà du Rhin et repousse les invasions des Francs en 358 et des Alamans en 360. La seconde armée de 25 000 hommes, composée surtout d'unités d'infanterie, est confiée à Barbatio. J'ai tendu les mains vers votre Acropole, quand je reçus l'appel, et j'ai prié Athéna de sauver son suppliant, de ne pas l'abandonner. Si Julien ordonne l'expulsion d'Athanase d'Alexandrie, patriarche d'Égypte[A 20] (déjà exilé sous Constantin Ier et Constance II), il condamne le massacre par la foule de l'évêque arien Georges de Cappadoce, parce qu'elle n'aurait pas dû se faire justice elle-même, mais estime que, du fait de ses crimes, Georges méritait une mort encore plus douloureuse. La défense de la Gaule est désorganisée par les usurpations de Magnence puis de Silvain. Le romantisme (par exemple Alfred de Vigny) s'est passionné à son tour pour le personnage, voyant en Julien un romantique avant la lettre, esprit lucide et désespéré, incompris de son siècle et dont la mort en pleine jeunesse donnait le signal du triomphe des médiocres. Son règne n'en reste pas moins autoritaire. HISTOIRE DU RÈGNE DE TIRIDATE ET DE LA PRÉDICATION DE SAINT GRÉGOIRE L’ILLUMINATEUR. Elle se conclut par une éclatante victoire, malgré de sévères pertes au sein de la cavalerie. À une date indéterminée, mais après la mort d'Eusèbe de Nicomédie en 341, Constance II assigne Julien à résidence sous la tutelle de l'évêque de Césarée Georges de Cappadoce dans la forteresse de Macellum en Cappadoce. La dernière modification de cette page a été faite le 17 janvier 2021 à 18:05. Peu après, dans le climat délétère de répression visant les anciens fonctionnaires de Gallus, Julien est à son tour convoqué à la cour impériale à Milan et mis sous surveillance pendant plusieurs mois à Côme. Ammien ne mentionne pas le médecin Oribase, de Pergame, qui dit avoir recouru à des irrigations de la blessure par du vin et procédé à une gastrorraphie, suturant les tissus déchirés[12]. Constance II refuse le fait accompli. Tous les biens de son père sont confisqués par les trois successeurs de Constantin Ier, Constantin II, Constant Ier et Constance II, que Julien considère comme les instigateurs de ce massacre. La campagne de 360 voit ses troupes sur le Rhin et ses abords. Au terme d'une journée interminable mais victorieuse, deux légions sont quasiment perdues. Julien doit son surnom d'« apostat » à sa volonté de rétablir le polythéisme dans l'Empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (plus précisément dans l'arianisme, sous la direction des évêques Eusèbe de Nicomédie, puis Georges de Cappadoce). Certains païens, en particulier Ammien Marcellin et Libanios, en ont fait un héros de tolérance, de vertu et d'énergie, un homme trop grand pour son temps, qui a succombé sous les coups de la mesquinerie et de la méchanceté (chrétienne, mais pas nécessairement) ambiantes. En 1873, Henrik Ibsen a écrit sur Julien une tragédie gigantesque en dix actes, Empereur ou Galiléen. Ils ont probablement été sauvés par leur jeunesse et à la demande de l'impératrice Eusébie. Il y côtoie Basile de Césarée et Grégoire de Nazianze, qui deviendra évêque et sera un de ses adversaires les plus féroces. Son auteur, son surnom hellénique l’indique, était lui-même un Grec, un affranchi d’un membre de l’importante gens Livia, Livius Salinator, et était arrivé comme esclave de Tarente à Rome après la chute de la ville en 272 av. Julien est devenu très tôt un mythe. Dans le contexte des guerres de religions, Julien est mentionné dans les Essais de Montaigne (II, 19, De la liberté de conscience) avec une certaine sympathie. Début décembre Julien part en Gaule avec une escorte réduite pour contrer les ravages des Alamans[A 10]. Elle comporte 13 000 hommes, essentiellement des unités de cavalerie. Claudius Mamertinus clame, dans son panégyrique, que Julien passait tout l’été dans les camps, et tout l’hiver sur le siège de juge[A 15]. L'historien et évêque de Cyr Théodoret rapporte que Julien, transpercé par une lance, aurait formulé ces mots à l'intention du Christ, tout en tentant d'arracher de son côté l'arme qui venait de le transpercer : « Tu as vaincu, Galiléen ! ». Synonymes de "Auteur grec d'une Histoire romaine": Synonyme. L'intervention de la nouvelle impératrice Eusébie, seconde épouse de Constance, sauve Julien et lui rend sa liberté de mouvement[A 6]. Pourtant les généraux romains restent passifs : Constance a affecté la direction de l'armée en Gaule à Marcellus, tout en laissant son prédécesseur Ursicin en fonction. Les 100 histoires de la mythologie grecque et romaine. Qui croirait que, dans un Mercure de Paris de l'année 1741, l'auteur reprend vivement un écrivain d'avoir manqué aux bienséances les plus communes, en appelant cet empereur Julien l'Apostat ? A GATHANGE. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. Il se voit dans une position similaire à Gallus, soumis à une charge dangereuse, comme il en témoigne lui-même : « Je ne dois pas omettre de raconter ici comment j'ai consenti et choisi de vivre sous le même toit que ceux dont je savais qu'ils avaient miné toute ma famille, et dont je soupçonnais qu'il ne leur faudrait pas beaucoup de temps avant de comploter contre moi. L'attention de la tradition historique, tant chrétienne qu'anti-chrétienne, s'est focalisée sur la politique religieuse de Julien.