« Un monde sans pitié » est un film emblématique dâune époque, celle de la fin des années 1980 et du désenchantement qui commençait alors à gagner la France. Plus : Entretien intégral Raoul Coutard/ Entretien intégral Pierre Schoendoerffer (Shellac, 2017). Edition numérique du quotidien sur ordinateur et tablette, Tout le site humanite.fr accessible en illimité sur tous vos appareils connectés, Toutes les éditions papier + Magazine Humanité Dimanche + tout le site humanite.fr en illimité, L'édition papier du vendredi + le Magazine Humanité Dimanche + tout le site humanite.fr en illimité, Césars. : avec cette réplique culte, Hippo, perdu dans ce monde sans pitié â le nôtre â devient le porte-drapeau de la génération post-68. Un couple et des amants réguliers. Total Western, Et dans ce film de famille, jâai fini par prendre la place de Mireille Perrier en étant cet accoucheur de vérité, de vérités non dites, de vérités tues, au sein dâun processus cinématographique. Donc lâidée du couple humain est totalement intégrée, câest lâidée dâune « amitié » complètement vitale parce que notre vie en dépend. Il y a un mouvement de promotion sociale qui accompagne le mouvement des idées : le père de Victor Hugo par exemple est à la fois un simple soldat qui est devenu général dâEmpire et qui milite pour lâabolition de lâesclavage, et Hugo va incarner cette génération qui vient après, qui donne lâimpression que câest trop tard. UNE PLONGEE DANS FERRAT INTIME Dix ans après sa mort, la mémoire de Jean Ferrat reste vive parmi ceux, très nombreux, qui l’ont aimé. Un jeune homme de 28 ans, Hippo, se moque de tout sauf de ses copains et de son frère. Les opérateurs de guerre qui sont actuellement au Mali le savent très bien, ils filment des bombardements, des civils, des blessés, des morts, les pertes de lâarmée française, mais rien de trop sensible nâest montré. Il était photographe non pas de lâArmée française mais du général Bigeard. Raoul Coutard quant à lui, est à la recherche dâune forme de naturalisme. Jâaurais donc pu être officier. Câest évidemment tabou, et aucun ne répond à cette question du plaisir, sauf peut-être Flament, qui parle de la jouissance esthétique, du fait quâil voyait un Rembrandt ou un Rubens dans le spectacle de la mort. Du noir et blanc et de l'épure. Perrier Mireille Bonjour Bonjour. Sa femme est venue me voir et mâa dit quâil nây a eu que ce film « pour lui arracher son secret ». Anne Perrier Sa s234ur Christiane ) TjETQBT0 Tr.9 0 0 1 68.2020035 148.5820007 Tm/F2 9.5 Tf0 Tc(Arlaud Sa cousine et son 351poux Claude et Marc ) Tj/F2 9.5 Tf(Truan Son compagnon Alain Mutti ainsi que les familles parentes, alli351es et amies) Tj0 -10.01 Td(ont le profond chagrin de faire part du d351c\350s de) Tj/F2 17 Tf49.52 -19.98 Td(Madame Mireille ARLAUD enlev351e ) Tj34.52 0 … Cette date correspond au moment où le général Jean de Lattre de Tassigny arrive en Indochine, avec une vision moderne de la guerre, puisquâil pensait aussi la guerre en termes de communication. Je voudrais terminer sur cette idée que dans la guerre, il y a la convocation dâune figure paternelle, mais impossible et donc absente. Une mère accompagne son fils encore adolescent à l’enterrement de son ancien mari et père de l’enfant. Patrice était une tête brûlée et câest à lui que je pensais en titrant mon film : les Yeux brûlés. Les hommes à lâimage de ceux du film sont capables de faire un spectacle mental de la destruction, ou du moins de lâanéantissement, soit lâanéantissement de lâautre, soit le propre anéantissement de soi dans une guerre mécanique et technologique. Laurent Roth. Dans Boy Meets Girl de Leos Carax, les phrases qui mâavaient beaucoup marquées, câest « nous portons tous des rides dâenfance » ou « nous sommes tous déjà des anciens combattants ». Guérout a alors donné son accord pour signer un mandat de distribution, mais le problème est quâil est parti à la retraite un mois plus tard et que son successeur nâa pas donné suite eu projet. Moins de 2,5 euros par semaine. Jâai appris quel était son secret par rapport à lâarmée juste avant le tournage, jâavais vite compris quâelle avait elle-même une histoire, un compte personnel à régler en rencontrant ces hommes, un enjeu très précis. ... Mémoires d’un compagnon de route de l’Insee. Raymond Depardon le dit à un moment donné dans les Yeux brûlés, les reporters de guerre comme les militaires ont un compte à régler avec leur enfance. Ce nâétait donc pas si novateur. Virilio mâavait rendu très sensible à lâidée que la guerre dâaujourdâhui serait sans auteur, avec un tir couplé non plus à une visée, mais à un calcul. Mais il y a chez eux une très grande agressivité, qui se sent plus ou moins, et quâune jeune femme révèle⦠Elle affiche une forme de faiblesse et de non maîtrise, elle casse lâimage, pour cela ils lui en veulent. Jâaime aussi cette idée de Kiarostami : il disait que le cinéma est « un art mi fabriqué ». Il a son frère, son copain, sa nana. Après la violence de ce que nous avons dû endurer, qui nous frappe encore et le monde entier avec nous, il ne faut pas « la jouer petit bras »... L'Humanité fait le bilan des élections présidentielles et dresse un état des lieux de l'Amérique. Je suis plus dans un travail dâanalyse que de construction. On était à la naissance de cela. Quand on pense à tous les grands récits de guerre, il y a quelque chose de lâordre du grandiose. C'est tout ? Elle le raccompagne comme je dis « à la porte des larmes », elle ne le laisse pas seul. Je voudrais revenir à cette projection de gala à la Cinémathèque française avec tout lâétat-major et les ministres : je nâai pas cité la réaction du général Schmitt, chef dâétat-major des armées à lâépoque, qui mâa pris à part derrière une colonne après la réaction des ministres, pour me dire que mon film lâavait bouleversé, tout en sâexcusant de ne pas être un connaisseur, un cinéphile, parce que jâavais montré un visage de la guerre dans lequel il sâétait totalement retrouvé lorsquâil était jeune lieutenant à Diên Biên Phu. L'hiver touche à sa fin sur l'aéroport parisien d'Orly. Câétait mon imprégnation de Dziga Vertov, du cinéma soviétique. Et comme il le dit très bien, il a été « reporter de paix », parce quâil arrive aux armées en 1962, à la fin de la guerre dâAlgérie. Ils sont presque dans la fiction parce quâils veulent montrer le point de vue de lâennemi. Le mélange fiction-documentaire qui peut paraître très révolutionnaire dans mon film était finalement du point de vue de lâinstitution esthétiquement tout à fait accepté. Great movie, been looking for it for a while... appuyez de manière prolongée pour copier. Je crois vraiment que les Yeux brûlés, à lâépoque où jâétais moi-même étudiant en philosophie avec Jean-François Lyotard pour une maîtrise sur le sublime, est traversé par cette idée que la guerre est un spectacle impossible. Tous les reporters, Depardon le premier, qui nâa pas fait beaucoup de reportages de guerre, dit lui-même que câest un spectacle dans lequel on est tellement soi-même partie prenante quâon peut en oublier son prochain et quâà un moment, photographier câest comme tuer. Câest lâenfant intérieur, lâenfant qui dit la vérité, lâenfant qui pose la question de la vérité. Câest risqué de filmer en jouant avec lâego de tels personnages et en même temps, il risque de surgir de belles choses inattenduesâ¦. Justement, comment sâest passée la première projection des Yeux brûlés pour les officiels de lâarmée française ? Câest-à -dire que lâon sent dans les bobines de Schoendoerffer le fait quâil combat vraiment aux côtés des siens. Par contre Flament était là et a été bouleversé par le film. Finalement, il a renoncé parce quâil nâassumait pas du tout de faire un film avec lâarmée, « de signer un contrat avec de vieilles badernes », il pensait quâon ne serait pas libres. Nos opérateurs eux ne se sont pas suicidés⦠Ils avaient cette possibilité justement de faire de lâimage, jusquâau bout. «âOn se lève et on se barreâ», avait tonné Virginie Despentes, dans un texte... Dix ans après, Fukushima vit toujours dans le trauma, « S.O.S. Amazon.fr - Achetez Orly à petit prix. Si Jacques Dutronc a été son grand amour, bien d'autres hommes ont compté dans la vie de Françoise Hardy. Et ce moment de cinéma fait peut-être voir lâenvers dâune propagande, qui rappelons-le, a servi la pire des causes, celle dâune guerre raciale et déshumanisante où lâArmée française a « engagé son âme » selon la formule du courageux général Jacques Pâris de Bollardière qui, lui, a préféré quitter son commandement en Algérie plutôt que de cautionner la torture et les exécutions de masse. Titre original : Où que tu sois; Réalisation : Alain Bergala Câest presque leur part maudite. La face cachée du traitement « miracle » anti-Covid. Que lui reste-t-il à part l'amour ? Sans un sou et avec pour seul compagnon un revolver charge de trois balles, il ne voit plus clairement quel est le moteur de sa vie. Entretien. Jâavais noté dans mon journal de tournage cette citation écrite par Bresson dans ses « Notes sur le cinématographe » (09) : « Les grandes batailles, disait le général Mâ¦, se livrent presque toujours aux points dâintersection des cartes dâétat-major. » Les plis des cartes, câest comme les habitudes : un piège pour la conscience éveillée. Aussi, jâen parle comme dâun hommage après coup, mais câest vraiment Godard qui mâa aidé à faire mon film comme je lâai fait, avec cette idée quâon mêle la fiction et le documentaire dans un lieu urbain et quâon fait surgir la parole comme par hasard, comme dans la très belle scène de Brice Parain qui parle de lâamour avec Anna Karina dans Vivre sa vie au cours dâune rencontre dans un café. On ne les connait pas ces photos dâappelé, elles sont totalement inédites et jâai contribué à leur redécouverte. Il faut reconnaître quand même quâil a des boursoufflures. Ãgalitéâ? Désolé, un problème s'est produit lors de l'enregistrement de vos préférences en matière de cookies. Il y a un cadre qui est donné et comme dans le happening tout peut arriver surtout pendant la guerre dâIndochine qui était une guerre de guérilla avant dâêtre une guerre de ligne. Le capitaine de vaisseau Guérout était très ouvert : il a accepté que jâintègre dans mon film un regard critique sur lâinstitution. Car on part sur une représentation : il se référait à Godard, et disait que câest toujours lâimage qui précède la guerre. En tant que metteur en scène, disons que je lâai simplement aidée à un petit peu sâarmer lorsquâelle perdait pied. Mais on se protège toujours des effets de ce quâon fait. (aurait dit le Général), Le Film d'une génération...la fin des années 80, des illusions perdues, DVD pas facile à dénicher et à un tarif pas surréaliste. Pour notre génération, câétait dâautant plus bouleversant que nous étions les enfants dâannées bénies. La visite va … Câest ma petite signature, ma petite filiation qui est claire. "P⦠! Câest ce qui explique la spécificité de mon film, à savoir que ce sont des témoignages de reporters de guerre mais aussi dâauthentiques guerriers. Il y a un duo qui est comparable. Ce que révèle cette intégrale dâentretien et je conclurai là -dessus : câest que câest vraiment le refoulé de la part dâenfance qui est questionné dans ce film. Plébiscité par le public, Ãric Rochant a également été salué par la critique et par ses pairs, empochant pour ce film le prix Louis Delluc et le César du meilleur premier film. Mireille vient aussi réveiller par sa pseudo-naïveté, lâenfance. Il a consacré autant de temps à la guerre quâà la paix. Péraud était plus âgé, il était allé en camp de concentration, à Buchenwald, lui était un très jeune résistant. La guerre moderne telle que je lâai étudiée en tant que jeune appelé et future petit gradé câest que lâon est coresponsable de la vie dâun autre, câest la théorie du binôme qui nâexistait pas en 1914-18 et qui est liée à la seconde guerre mondiale et aux guerres américaines. Et câest dans cet endroit de naissance que la présence de cette femme est impossible. En même temps je les trouve tous absolument remarquables et je pense que lâinterview de Schoendoerffer est sans doute lâentretien le plus incroyable quâil ait donné. En 1986, avec les attentats, lâidée de mort devient beaucoup plus présente. Autour d’elle, personne n’a … Il nâest pas dupe du tout des effets du spectacle. Il découvre sur les hauts plateaux de lâAnnam des peuples qui vivent dans un état de nature ou dâinnocence tels que les philosophes du 18ème siècle ont pu le rêver. L'histoire ? Il était en train de faire ce que lâon appelle de la « perruque », câest-à -dire quâil dérobait des films à lâArmée, parce quâil en avait marre de voir son travail dénaturé. Jâai donc eu cette chance de tomber sur ces deux militaires, qui sont, comme la plupart, attachés à des qualités humaines dans le travail. Il est aussi un peu dandy. Câest un documentaire avec des acteurs et des soldats à côtés dâeux, câest fascinant. Il y a un effet miroir très fort avec un thème sous-jacent chez Flament, un rapport homosexuel au spectacle du combattant. Il n'est ni marginal, ni désespéré. Pourtant, les questions posées par Mireille sont très censées, de savoir si on fabrique une image quand on est à la guerre, si on a un point de vue, où est-ce quâon se place ? Câest à la fois un rêve militaire mais aussi dâémancipation : ce sont par exemple des roturiers, soit du peuple soit de la petite bourgeoisie, qui deviennent maréchaux dâempire. Patrice George qui joue le rôle du reporter photographe dans le film, lui, est de la génération dâaprès. Il le dit avec beaucoup de pathos au sens noble du terme dans Pierre Schoendoerffer, la Peine des hommes, câest là quâil est né. Il va filmer la France gaulliste, celle qui veut réconcilier lâarmée et la nation qui sont quand même en divorce profond après le putsch dâAlger en 1961. Il y a quelque chose dâextrêmement spectaculaire dans la guerre qui a à voir avec lâimaginaire du cinéma en terme à la fois de représentation et dâimpossibilité de représenter. Eloge raisonné du Manifeste du parti communiste. Carax, pour moi, câest tout à fait cela. Ce qui est formidable, câest que ce « comme un gosse » est le tabou du militaire, mais aussi du reporter de guerre. Pour moi, Flament est un grand photographe, mais câest vrai quâil a servi la propagande extrême de lâarmée. Cette joute et ce combat et le fait admirable quâelle affronte, tiennent quand même au fait quâau fond, elle règle un compte personnel⦠Elle a vingt-sept ans à lâépoque, câest formidable de voir comment elle sâexpose.